Difficulté : haute route, III
Le deuxième
jour fut celui du passage du Col de la Temple
(3322 m), de la descente sur le Glacier Noir, et de la jonction avec la
vallée d'Ailefroide. Le glacier de la Temple de pose pas de
difficulté particulière. Etant souvent froid, il peut
nécessiter l'usage des crampons. L'itinéraire sous le Col
de la Temple lui, peut gêner la progression. L'ancien abri
constitue un premier point de repère. On suivra ensuite
à main gauche un mur naturel délimitant une goulotte
que l'on quittera à mi-hauteur pour plus de confort, en
remontant brièvement sur sa droite.
La progression sur le Glacier Noir se fait sans encombre, à
condition d'éviter les moulins et de ne pas se précipiter
sur une première langue
terminale très bombée qui tombe à pic dans un
torrent émissaire disparaissant à nouveau dans un moulin.
On évite ce piège en sortant en rive gauche, vers la
moraine, interminable moraine dont la lèvre
gauche transporte le routard jusqu'à Ailefroide ou presque.
La troisième
étape fut donc la plus longue. Il faut ajouter que ce fut aussi
la plus froide. Des vents violents nous faisaient ressentir la
température, déjà basse pour un mois de juillet,
comme véritablement glaciale et le passage du col en est devenu
assez pénible physiquement. La montée par le vallon du
Sélé, qui mène également à la bosse
de Clapouse, une magnifique randonnée, offre des paysages
à couper le souffle comme lorsque le glacier des Violettes
apparaît entre deux montagnes, au moment où l'on s'y
attend le moins. L'accès au refuge du Sélé est
fermé par un verrou
rocheux qu'il faut franchir à l'aide de cables.
C'est probablement facile l'après-midi lorsque le soleil brille
mais c'est nettement moins rassurant sous la pluie et dans les rafales
de vent, lorsqu'on est mal réveillé. Si l'on ne dort pas
au Sélé, on n'est pas tenu d'y monter jusqu'au bout et
l'on peut donc se diriger tout droit vers le glacier. Inutile de chercher
le Col du Sélé des yeux, il ne se montrera qu'au tout
dernier moment...
Traverser le glacier du Sélé constitue une belle «bavante»
qui laissera des traces dans les muscles et sauf regain peu probable de
neige, le passage du col
(3278 m) nécessitera quelques pas d'escalade non-exposée.
Celui-ci franchi, il ne restera plus qu'à suivre avec attention
le fléchage
bleu sur les rochers. Le départ se fait vers la droite puis,
après une courte descente (50 m environ), il retraverse sur la
gauche jusqu'à revenir à l'aplomb du col où une langue
du glacier remontant très haut, permet de prendre pied. Le reste
de la descente sur le refuge de la Pilatte dépend de
l'état du glacier. En début de saison, nous l'avons
trouvé très tranquille.
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