Le tour de l'Ailefroide

Difficulté : haute route, III

    J'espère orienter ce site vers la description des hautes routes des Ecrins afin de pallier au manque d'informations et d'iconographie concernant ces longues courses à travers la montagne qui ne sont, ni tout à fait de la randonnée, ni tout à fait de l'alpinisme. Je commence donc avec ce tour célèbre, proposé par le bureau des guides du Haut Vénéon.


    Le tour de l'Ailefroide, c'est l'opportunité, durant trois ou quatre journées, de cotoyer les grands sommets des Ecrins et les grandes voies mythiques qui les marquent: Brêche Lory, Fifre, Pilier des Ecrins, Coolidge, Ailefroide, Pelvoux, Bans... Nous avons choisi d'effectuer ce tour dans le sens horaire bien que le sens inverse soit aussi possible. Dans ce cas, la recherche d'itinéraire aux cols de la Temple et du Sélé sera plus difficile.


    Le tour peut se faire en trois ou quatre jours mais la première option implique au moins une étape longue avec beaucoup de dénivelé. Pour nous, ce fut la troisième, qui nous mena du village d'Ailefroide à la vallée du Vénéon. Encore nous sommes nous finalement accordé une nuit au refuge de la Pilatte avant de redescendre à la Bérarde et finalement, à notre «camp de base», l'hôtel-café-restaurant-librairie-dortoir de la «Cordée», à St Christophe-en-Oisans. On trouvera toutes les informations nécessaires pour l'hébergement sur le site «Accueil en Oisans».


   Le premier jour fut donc celui de la montée au refuge de Temple-Ecrins (2410 m) depuis la Bérarde (1711 m). Si le refuge n'est pas un modèle de confort (mais quel bivouac!), son emplacement particulier offre deux points de vue fabuleux: devant, le cirque glaciaire de la Pilatte, avec les Bans et le Gioberney; derrière, ce lieu fantastique qu'est le glacier du Vallon de la Pilatte, sorte de noeud au coeur des Ecrins. L'alpiniste le contemple depuis la terrasse du refuge en songeant que c'est là le chemin le plus court vers la Barre des Ecrins... et aussi le plus périlleux!


       Le deuxième jour fut celui du passage du Col de la Temple (3322 m), de la descente sur le Glacier Noir, et de la jonction avec la vallée d'Ailefroide. Le glacier de la Temple de pose pas de difficulté particulière. Etant souvent froid, il peut nécessiter l'usage des crampons. L'itinéraire sous le Col de la Temple lui, peut gêner la progression. L'ancien abri constitue un premier point de repère. On suivra ensuite à main gauche un mur naturel délimitant une goulotte que l'on quittera à mi-hauteur pour plus de confort, en remontant brièvement sur sa droite. La progression sur le Glacier Noir se fait sans encombre, à condition d'éviter les moulins et de ne pas se précipiter sur une première langue terminale très bombée qui tombe à pic dans un torrent émissaire disparaissant à nouveau dans un moulin. On évite ce piège en sortant en rive gauche, vers la moraine, interminable moraine dont la lèvre gauche transporte le routard jusqu'à Ailefroide ou presque.


    La troisième étape fut donc la plus longue. Il faut ajouter que ce fut aussi la plus froide. Des vents violents nous faisaient ressentir la température, déjà basse pour un mois de juillet, comme véritablement glaciale et le passage du col en est devenu assez pénible physiquement. La montée par le vallon du Sélé, qui mène également à la bosse de Clapouse, une magnifique randonnée, offre des paysages à couper le souffle comme lorsque le glacier des Violettes apparaît entre deux montagnes, au moment où l'on s'y attend le moins. L'accès au refuge du Sélé est fermé par un verrou rocheux qu'il faut franchir à l'aide de cables. C'est probablement facile l'après-midi lorsque le soleil brille mais c'est nettement moins rassurant sous la pluie et dans les rafales de vent, lorsqu'on est mal réveillé. Si l'on ne dort pas au Sélé, on n'est pas tenu d'y monter jusqu'au bout et l'on peut donc se diriger tout droit vers le glacier. Inutile de chercher le Col du Sélé des yeux, il ne se montrera qu'au tout dernier moment...

    Traverser le glacier du Sélé constitue une belle «bavante» qui laissera des traces dans les muscles et sauf regain peu probable de neige, le passage du col (3278 m) nécessitera quelques pas d'escalade non-exposée. Celui-ci franchi, il ne restera plus qu'à suivre avec attention le fléchage bleu sur les rochers. Le départ se fait vers la droite puis, après une courte descente (50 m environ), il retraverse sur la gauche jusqu'à revenir à l'aplomb du col où une langue du glacier remontant très haut, permet de prendre pied. Le reste de la descente sur le refuge de la Pilatte dépend de l'état du glacier. En début de saison, nous l'avons trouvé très tranquille.


    La descente sur la Bérarde s'effectue dans le magnifique vallon du Vénéon mais patience... elle peut durer trois heures !

 

Retour à l'accueil Continuer

RETOUR